PAROLE D'AUTEUR  : HUGO PAVIOT

« Je garde un souvenir précieux de la lecture de Gloria Vénus au Paradis au Ring.

L’accueil très chaleureux de Marie Pagès et de son équipe, pour commencer, m’a beaucoup touché. J’ai ressenti une curiosité et un respect très sincère pour les écritures contemporaines, et l’envie non moins sincère de les faire partager au plus grand nombre. La compagnie Saliéri-Pagès mène à n’en pas douter – la salle était comble - une croisade enthousiaste en direction d’un public de plus en plus large, soutenue dans cet effort méritoire par l’association Beaumarchais, dont l’absolue nécessité n’est plus à démontrer. Bravo et merci à eux deux. 

La rencontre avec le public a été d’une grande qualité. Fidèle, curieux, nombreux, il a prouvé par sa présence qu’il reste du « temps de cerveau disponible » pour découvrir des artistes dont le métier ne se résume pas à être célèbre, mais consiste à tenter simplement de partager un moment d’émotion, une pensée, un moment de vie.

Le Ring affirme avec son cycle de lectures une démarche volontaire : la lecture n’est plus ici un prétexte permettant à un lieu de justifier d’un quota de productions contemporaines entre deux mises en scènes d’auteurs classiques, mais un véritable choix, assumé. Il s’agit d’un véritable spectacle, à part entière : les artistes ne se connaissant pas, le risque est maximum. Mais le risque, c’est l’essence même de la création, alors il peut tout se passer.

La rencontre entre l’auteur et un metteur en scène, d’abord : dès le soir de la lecture, Gérad Gelas m’a fait part de son coup de cœur pour le texte. Très vite, nous nous sommes rappelés, il m’a suggéré de retravailler la fin. La confiance était là, j’ai réécrit une vingtaine de pages de la pièce – que je pensais finie avant ma rencontre avec lui ! – et à l’arrivée, la pièce a grandi. Il est rare qu’une lecture aboutisse à la production d’une œuvre, et puisque Gérard Gelas m’a fait part officiellement de son intention de créer Gloria Vénus au Paradis au Théâtre du Chêne Noir, je tiens à remercier ici Marie Pagès qui a fait preuve d’un incontestable flair en organisant la rencontre.

Enfin, cerise sur le gâteau : nous avons évoqué avec Marie l’idée de travailler aussi ensemble prochainement, avec la commande d’une nouvelle pièce. 

Le théâtre étant le lieu où, par excellence, tout peut arriver, alors on peut le dire : ce 1er février 2007 a constitué un très beau moment de théâtre. » 

Hugo Paviot